La Fédération portugaise de football a officiellement confirmé ce lundi que Cristiano Ronaldo figure dans le onze de départ pour le match décisif de la Seleçao lors de cette Coupe du Monde. Le quintuple Ballon d’Or, âgé de 39 ans, mènera donc l’attaque portugaise dans une rencontre que les commentateurs de L’Equipe qualifient déjà de « dernier espoir » pour une équipe nationale qui traverse une période de turbulence.
Cette décision du sélectionneur Roberto Martínez intervient alors que le Portugal accuse un retard préoccupant au classement de son groupe, avec seulement deux points engrangés lors des deux premières journées. Les critiques fusent depuis la médiatique défaite inaugurale, et les éditorialistes de RMC Sport n’ont pas manqué de souligner les difficultés du parcours de l’équipe dirigée par l’ancien sélectionneur de la Belgique. Plusieurs observateurs estimaient que le technicien espagnol aurait dû adapter son schéma tactique à un effectif qui a largement évolué depuis l’ère Fernando Santos.
Interrogé lors de la conférence de presse d’avant-match, Rúben Dias, pilier de la défense portugaise évoluant à Manchester City, a tenu à tempérer les tensions : « Nous faisons abstraction du bruit extérieur. Ce qui compte, c’est ce qui se passe dans le vestiaire. Cristiano reste notre leader naturel, celui sur qui nous pouvons compter dans les moments décisifs. » Des déclarations qui contrastent avec les interrogations persistantes venues des médias ibériques, où certains éditorialistes n’hésitent plus à se demander si la présence du capitaine dans le onze titulaire constitue désormais un avantage ou un frein pour les ambitions collectives.
Les chiffres illustrent parfaitement ce débat qui anime la планète football. Cristiano Ronaldo totalise 123 réalisations en 205 sélections avec le Portugal, un record absolu qui illustre une longévité exceptionnelle au plus haut niveau. Cependant, lors des deux premières rencontres de ce Mondial, le joueur свободной agency n’a pas réussi à trouver le chemin des filets, une première pour lui dans un tournoi majeur depuis sa première participation en 2006. À l’époque, le jeune prodige de Manchester United découvrait la scène mondiale avec une énergie retrouvée qui contrastait avec la prudence الحالية de son jeu actuel.
Du côté de la Ligue 1, plusieurs commentateurs français ont établi des parallèles instructifs avec d’autres légendes en fin de carrière. La situation de Ronaldo rappelle étrangement celle d’un autre attaquant légendaire qui avait préféré s’accrocher à son statut plutôt que d’accepter un rôle réduit. « Au moins, Martínez assume son choix, ce qui n’est pas rien dans le climat actuel », observait ce matin un consultant de Canal+ Sports, soulignant la difficulté de managing une icône nationale dans une compétition où les émotions dépassent largement le cadre strictement sportif.
La dimension historique de cette possible dernière Coupe du Monde n’échappe à personne. Ronaldo a connu les demi-finales de 2006, l’élimination en huitièmes de finale en 2010, l’humiliation de 2014 face à l’Allemagne, l’indignation du VAR en 2018 et la cruelle défaite en quarts en 2022 face au Maroc. Cinq tournois disputés, aucun titre majeur conquis avec le Portugal malgré un palmarès individuel ahurissant. Cette édition qatarie pourrait donc représenter la dernière chance pour l’idole de Madère de compléter un palmarès déjà garni d’un Euro 2016 et d’une Ligue des nations 2019.
Les-supporters portugais restent partagés entre l’affection inconditionnelle pour leur champion et l’inquiétude face aux résultats décevants du groupe. Dans les rues de Lisbonne, les maillots CR7 sont toujours aussi présents, mais les conversations sont désormais plus mesurées qu’il y a quelques années. « On aime Ronaldo, mais le Portugal doit exister au-delà de lui », résumait un supporter joint par nos soins, illustrant le dilemme d’une nation qui refuse de tourner la page tout en mesurant les limites d’une stratégie trop centrée sur un seul homme.
Roberto Martínez devra trouver les mots justes pour remotiver un groupe sous pression. Avec un nul obligatoire lors de cette dernière rencontre de groupe, le Portugal peut encore se qualifier pour les huitièmes de finale. L’enjeu dépasse largement le simple résultat sportif : il s’agit ni plus ni moins de permettre à l’une des plus grandes légendes du football contemporain de quitter la scène mondiale par la grande porte, ou du moins par une porte qui respecte la grandeur de sa carrière. Le coup d’envoi sera donné dans quelques heures, et les yeux du monde entier seront rivés sur les épaules de celui qui doit encore prouver qu’il n’a pas dit son dernier mot.