Les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 réservent des scénarios imprévisibles, et la sélection nationale turque en faitcurrently l’expérience de manière brûlante. À San Francisco, au cœur du Levi’s Stadium, « Bizim Çocuklar » — comme les surnomment affectueusement les Supporters — aborde ce soir un rendez-vous décisif face au Paraguay. Après la contre-performance inaugurale face à l’Australie (1-2), la Türkiye n’a plus le droit à l’erreur dans ce Groupe D qualificatif pour le Mondial nord-américain.
Les derniers entraînements à Carson ont levé une partie du voile sur l’effectif aligné par le sélectionneur Vincenzo Montella. Merih Demiral, redescendu d’un cran dans la hiérarchie défensive après une saison mitigée à l’OL, devrait composer le duo central avec Çağlar Söyüncü, joker de luxe à Leicester City. Du côté des latéraux, la situation interpelle davantage : Ridvan Yilmaz, formé à Altay et désormais à Galatasaray, pourrait glisser dans un rôle de piston droit, tandis qu’Eren Bilal continue de rassurer le staff technique par sa polyvalence.
L’incertitude plane autour d’Ozan Kabak et Kenan Yildiz. Le premier, ancien joueurs du Borussia Mönchengladbach, affiche une condition physique perfectible selon les derniers rapports de L’Equipe, qui cite des sources proches du staff médical. Quant à Kenan Yildiz, révélation du football turc lors du dernier Euro, il reste ménagé après une douleur au quadriceps gauche contractée à l’entraînement. Le doute subsiste également concernant Yusuf Sari, attendu pour animer le couloir gauche avec davantage de percussion.
« Nous devons réagir avec caractère. Chaque match est une finale désormais », a déclaré le capitaine Hakan Çalhanoğlu en conférence de presse, relayé par RMC Sport. Le milieu de terrain de l’Inter Milan, véritable chef d’orchestre du jeu turc, incarne à lui seul les ambitions d’une nation qui n’a plus participé à une Coupe du monde depuis celle de 2002, coorganisée avec la Corée du Sud et le Japon.
Sur le plan statistique, la Türkiye affiche un bilan catastrophique lors de ses déplacements en Amérique du Nord depuis le début des éliminatoires : zéro victoire en quatre rencontres. Face au Paraguay, troisième de la Copa America 2019 et nation historique du football sud-américain, le défi s’annonce colossal. Les Guaranis, menée par le talentueux Miguel Almirón (Newcastle United), restent sur une série de trois matches sans défaite en éliminatoires, avec un goal average positif de +4. Leur attaque, portée par Antonio Sanabria (Real Betis), a trouvé le chemin des filets à onze reprises lors des cinq dernières confrontations internationales.
L’historique des confrontations entre les deux nations reste anecdotique : une unique rencontre officielle en 2003, soldée par un match nul 2-2 à Leipzig lors d’un tournoi amical. Toutefois, les circonstances actuelles confèrent à cette opposition un parfum de finalité anticipée pour les protégés de Montella.
Dans les travées du Levi’s Stadium, la diaspora turque de la Bay Area s’annonce nombreux. Plus de 15 000 Supporters ont fait le déplacement depuis Los Angeles, San Diego et Seattle pour soutenir leur équipe nationale, selon les estimations communiquées par l’ambassade de Türkiye à Washington. Un contexte émotionnel que les visiteurs devront transformer en carburant.
Les enjeux dépassent largement le cadre sportif. La Türkiye, frappée par le séisme dévastateur de février 2023, cherche dans le football une source de réconfort collectif. Le sélectionneur italien, installé sur le banc turc depuis octobre 2023, l’a bien compris : « Ces joueurs portent l’espoir d’un peuple entier. Je leur ai demandé de jouer libérés, sans pression excessive. » Une mission que le football français observe avec attention, alors que plusieurs joueurs de Ligue 1 — dont Altay Bayındır (Manchester United, prêté) et İsmail Yüksek (Fenerbahçe) — alimentent la flamme de cette campagne qualificative.
Les pronostics divergent. Si certains médias spécialisés accordent un léger avantage aux Sud-Américains, mieux classés au classement FIFA (26e contre 41e), d’autres soulignent la capacité de réaction de la Türkiye dans les moments critiques. Le coup d’envoi sera donné à 22h00, heure locale (07h00 à Paris). Un horaire matinal qui contraindra les Supporters hexagonaux à sacrifier leur sommeil pour suivre cette rencontre sur beIN Sports.
Les éliminatoires de la zone Europe reprennent leurs droits ce week-end avec une autre confrontation cruciale : la France de Kylian Mbappé se déplace en Israël dans le Groupe L, tandis que les Pays-Bas de Xavi Simons accueillent la Grèce. Un week-end de football international dense, où chaque point arraché pourrait sceller le sort de nations entières.
Pour la Türkiye, ce soir marque peut-être le tournant d’une campagne démarrée sur les chapeaux de roue avant de vaciller. Une victoire à San Francisco permettrait aux joueur de Montella de reprendre confiance avant la trêve internationale de novembre, qui les verra affronter la Lituanie et le Luxembourg. En cas de défaite, en revanche, les rêves de Mondial s’éloigneraient dangereusement, et les critiques au sein du presse Istanbuliote — Ligtak, Fanatik — n’épargneront personne.